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Haïti-ONU : Intervention de l’ambassadeur Régis à la réunion du conseil de sécurité de l’ONU - Lire la suite

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Haïti-ONU : Intervention de l’ambassadeur Régis à la réunion du conseil de sécurité de l’ONU
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6- Parallèlement, sur le front politique, le pays s’achemine résolument vers la tenue prochaine d’élections législatives, municipales et présidentielles crédibles, devant garantir le bon fonctionnement des institutions et permettre le renouvellement du personnel politique à tous les niveaux, ainsi qu’une transition pacifique et ordonnée du pouvoir en 2016.  Le Gouvernement haïtien se félicite de la contribution de la MINUSTAH à ces résultats qui ont joué un rôle appréciable dans la stabilité et le maintien de la paix, et dont l’apport au développement est largement reconnu.

7- Toutefois, ces avancées, aussi tangibles soient-elles, ne sauraient occulter l’ampleur des difficultés ni la gravité des défis auxquels le pays demeure confronté.  Car, aussi longtemps que les infrastructures publiques indispensables feront défaut, que la pauvreté n’aura pas été éradiquée ou du moins substantiellement réduite, la démocratie risque d’apparaître comme une coquille vide aux yeux de la grande majorité de la population confrontée aux dures réalités économiques quotidiennes.  C’est pourquoi il convient de saluer certaines initiatives récentes du Conseil de sécurité visant à accroître l’efficacité des opérations de paix.  On ne peut que se féliciter de son souci croissant de prendre en compte la multiplicité des sources de conflit, d’instabilité et de menaces, qui, dans des situations de vulnérabilité particulière, comme celle d’Haïti, se conjuguent pour alimenter l’insécurité, entraver la consolidation de la paix, et par conséquent, freiner la croissance et le développement.

Monsieur le Président,

8- La paix et le développement vont de pair.  Il ne peut y avoir de paix ni de sécurité véritable sans développement.  La sécurité humaine est une des conditions de la paix et du développement.  La gestion de la sécurité, dans toutes ses dimensions, doit, par conséquent, s’inscrire dans une approche globale qui récuse l’unilatéralisme pour s’appuyer sur la « force des interdépendances ».  Elle exige une concertation accrue entre États et des actions cohérentes à tous les échelons national, bilatéral, régional et mondial.

9- Aider les petits États insulaires en développement à relever le défi de la paix et de la sécurité, c’est, d’abord, les aider à faire face aux menaces, internes et externes, qui exercent un impact considérable sur leur développement politique, économique, social, environnemental, culturel et humain, sur leur stabilité et sur la durabilité de ce développement.  C’est les aider à faire face aux crises environnementales qui menacent de réduire à néant leurs efforts de développement, et de compromettre des acquis et des résultats obtenus de haute lutte dans les domaines de la santé, de l’agriculture ou de la durabilité environnementale.  C’est aussi et surtout les aider à mieux faire face à leurs vulnérabilités spécifiques.  Cela suppose, à l’évidence, un renforcement des partenariats existants en vue de soutenir leurs efforts de développement durable.  C’est pourquoi un nouvel élan de solidarité s’avère aujourd’hui indispensable envers les petits États insulaires en développement, en particulier les moins avancés et les plus vulnérables d’entre eux.

10- Les engagements pris par la communauté internationale dans le cadre du Programme d’action de la Barbade pour le développement durable des petits États insulaires en développement (1994), de la Stratégie de Maurice (2005) et de Samoa, la Voie à suivre (2014) ne doivent pas rester lettre morte.  Ils doivent être suivis d’actions concrètes, « coordonnées, équilibrées et intégrées », qui, dans bien des cas, revêtent un caractère d’urgence.

11- En ce qui concerne Haïti, qu’il me soit permis de souligner l’importance particulière que nous attachons au renforcement des partenariats dans divers domaines d’intervention prioritaires, notamment l’éducation, l’adaptation aux changements climatiques, la sécurité alimentaire et énergétique, les investissements dans l’énergie renouvelable, la lutte contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse, l’atténuation des risques de catastrophe, sans oublier la prise en compte par les programmes de coopération internationale de l’impact budgétaire souvent exorbitant des catastrophes naturelles pour les petits États insulaires en développement.  Le Gouvernement haïtien souhaite que cette rencontre marque un nouveau jalon dans la recherche et la mise en œuvre de partenariats audacieux, efficaces et innovants que nous appelons de nos vœux et qui s’avèrent à la hauteur des enjeux et des défis particuliers auxquels sont confrontés les PEID.

12- Nous espérons que ce débat enrichissant débouchera sur des conclusions et recommandations qui seront mises à profit utilement pour faire progresser le dialogue sur certains enjeux essentiels pour notre avenir commun, pour la paix et la sécurité internationales, et pour le développement durable des PEID, dont la viabilité et la survie même sont aujourd’hui menacées.

Je vous remercie.



 

7/7 Hebdo

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